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Jacques Benigne Bossuet

(1627-1704)

Rigaud, Hyacinthe (vers1701-1705), Jacques Bénigne Bossuet, évêque de Meaux (1627-1704) (Département des Peintures) [Huile sur toile] Musée de Louvre https://collections.louvre.fr/ark:/53355/cl010059100

Élève des jésuites à Dijon, il arrive à Paris en 1642 pour suivre au Collège de Navarre les cours de philosophie et de théologie ; mais plus encore, il s'initie dans les cercles érudits à la critique historique et à la lecture des Pères de l'Église ; il fréquente aussi Saint-Lazare où il trouve en saint Vincent de Paul le modèle sa vie sacerdotale. Ordonné prêtre (1652), il part pour Metz remplir ses charges dans le chapitre de la cathédrale. Il revient à Paris en 1658 et, dès lors, c'est surtout dans les chaires parisiennes que, pendant près de dix ans, il déploiera son talent de prédicateur. Nommé évêque de Condom (1669), il démissionnera deux ans après, pour s'adonner entièrement à sa charge de précepteur du Dauphin, puis devient évêque de Meaux (1681). Parmi ses nombreuses œuvres, les plus célèbres sont évidemment ses sermons (Œuvres oratoire, édition Lachat, 7 vol., 1911-1926).

Admirés par les contemporains pour leur prodigieuse beauté littéraire, ils sont plus proches de nous par leur présentation du mystère chrétien dans le langage de la Bible et des Pères. Un autre élément de la modernité de Bossuet est l'activité qu'il a déployée pour procurer la « Réunion » des protestants : ses conversations à Metz avec le ministre Paul Ferry, son Exposition de la doctrine de l'Église catholique sur les matières de controverse (1671), n'auront certes pas en France le résultat qu'il pouvait espérer et que la révocation de l'édit de Nantes en 1685 va anéantir.(…)Son préceptorat du Dauphin l'amène à écrire le Discours sur l'histoire universelle (1681) et La politique tirée des propres paroles de l'Écriture sainte, achevée seulement dans ses dernières années. Les démêlés de Louis XIV avec Innocent XI ont donné à Bossuet l'occasion d'exposer sa théologie de l'Église : d'abord dans son sermon du 9 novembre 1681 sur L'unité de l'Église, puis dans la Déclaration en quatre articles de l'Assemblée du clergé de France (19 mars 1682) dont il a été le rédacteur, enfin dans sa volumineuse Defensio declarationis, qui ne sera publié qu'en 1745. Par-delà la polémique passionnée dont ces actes ont fait l'objet au XIXe siècle, il faut surtout comprendre le rôle de Bossuet, ainsi que les qualités et les défauts de son ecclésiologie, à la fois par son atavisme de parlementaire, son amour de la vérité, sa fidélité à l'érudition, sa sévérité contre les abus, son désir de la réforme de l'Église, son souci de la Réunion, son besoin de mesure qui repousse tout excès, tout faux-semblant, tout mouvement irraisonné.(…) D'ailleurs sa Correspondance qui contient de nombreuses lettres de direction, ses Élévations sur tous les mystères de la religion chrétienne et ses Méditations sur l'Évangile montrent la haute qualité de sa spiritualité. 

Dans la controverse de quiétisme, il intervient à la demande de Mme Guyon et de Fénelon, qui souhaitent que Bossuet, le plus grand théologien de l'époque, examine ses écrits. En coulisses, Mme Maintenon l'a donné l'ordre de "faire séparer (sauver) Fénelon de Mme Guyon". Finalement, Fénelon la défendit jusqu'au bout et n'accepta pas la proposition de Bossuet, il a donc dû se distancer de son disciple et ami. Après la conférence d'Issy, il condamne fermement les idées de Fénelon jusqu'à la décision du pape en 1699 à Rome. La campagne de signatures que nous pouvons voir dans les manuscrits en question a été menée auprès des clergés parisiens sous son initiative pour discréditer Fénelon.