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Charles-Honoré d'Albert de Luynes(duc de Chevreuse)

(1646-1712)

Innconu, Portrait de Charles Honoré d'Albert de Luynes, duc de Chevreuse (Digital collections) [Gravure] Austrian National Library https://onb.digital/result/BAG_7786123

C'est le fils de Louis-Charles d'Albert de Luynes (1620-1699), 2e duc de Luynes, et de sa première épouse, Louise-Marie Séguier (1624-1651), marquise d'O, petit-fils de Marie de Rohan (1600-1679), duchesse de Chevreuse. Enfant, c'est à lui sans doute que Blaise Pascal tient ses Trois discours sur la condition des grands. Charles-Honoré d'Albert est un ancien élève de Port-Royal.

(…)

Il devient conseiller de Louis XIV, mais à titre privé et sans faire partie du conseil royal. Il tente notamment de préparer la succession du roi. Aidé de Fénelon et du duc de Beauvilliers, il élabore un projet de monarchie où les aristocrates jouent un rôle accru face au roi.

Il nous semble que la relation que Mme de Maintenon a entretenue avec Fénelon en dit long sur son caractère. Dès leur première rencontre, l’esprit de l’abbé Fénelon a charmé la marquise ; leur amitié commune avec les ducs de Chevreuse et de Beauvillier et leur goût partagé pour l’éducation des jeunes filles les ont rapprochés à la façon d’un véritable coup de foudre. Les rapports complexes de Mme de Maintenon avec Fénelon à travers leur correspondance au cours des années 1689-1697.

De puissance inégale, certes, ces différents partis n’en comptaient pas moins. Les jésuites avaient avec eux le confesseur du roi, le père de La Chaise ; les quiétistes, l’abbé de Fénelon, précepteur du duc de Bourgogne, qui allait devenir archevêque de Cambrai et le duc de Beauvillier ; les jansénistes, le groupe intellectuel de Port-Royal, une bonne partie des curés de Paris et quelques grands seigneurs, comme le duc de Chevreuse, même si ce « parti » avait perdu sa plus puissante protectrice, la duchesse de Longueville.

Tout en gardant une certaine indépendance vis-à-vis de la politique du roi, il assiste Madame Guyon, influente à Saint-Cyr, dès le début de la controverse. Il reste en contact étroit avec Fénelon et Chantérac même en cours de l'examen des écrits de Fénelon à Rome et les assiste dans leur prise de position.

Bély, Lucien, Fénelon et le duc de Chevreuse: la genèse d’un discours patriotique, December 2018, Issue 2, pp 135-150

Christophe Levantal, Ducs et pairs et duchés-pairies laïques à l'époque moderne : (1519-1790), Paris 1996, p. 521.