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Gianfrancesco Albani (futur Pape Clément XI)

(1649-1721)

Inconnu (XVIIe-XVIIIe s.) Portraits du cardinal Jean François Albani (département Estampes et photographie) [Gravure] Bibliothèque nationale de France https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8528031w

In appartenait à une famille de vieille noblesse méridionale et naquit dans le château paternel de Spinazzola, dans les Pouilles. Son père, le prince Francesco di Minervino, l'envoie à Rome où il effectue ses études universitaires. Il fréquente les jésuites et le Collège romain qui, au milieu du XVIIe siècle. (…)Son ascension est très rapide: référendaires des Deux Signatures, puis gouverneur de de la Sabine et d'Orvieto, et enfin secrétaire de brefs(3 octobre 1687).(…) Le pape Alexandre VIII lui confère la pourpre cardinalice en février 1690. Ecclésiastique éclairé, sa compétence dans les domaines juridictionnel et administratif en fut un membre apprécié de plusieurs agrégations romaines et un protecteur d'ordres religieux (entre autres, les minimes, les chartreux et les chevaliers de Saint-Georges). Plusieurs pontifes se fièrent à lui pour des questions particulièrement importantes. Alexandre VIII, mourant, lui fit lire la bulle annulant les décisions de l'assemblée générale du clergé de France de 1682, tandis que le pape Innocent XII lui confia la rédaction du texte contre le népotisme (1692). (…) 

Il était cardinal à l'époque de la controverse de quiétisme. Lors de la congrégation, il a examiné les écrits de Fénelon et en a débattu avec d'autres cardinaux. Bien qu'il n'ait pas présenté une position particulièrement proche de Fénelon et de Bouillon, malgré les efforts de Bossuet, il adopta un point de vue neutre, examinant surtout les questions doctrinales. Grâce à la perspective neutre de certains cardinaux, la condamnation de Fénelon fut simplifiée par un bref non par une bulle. Il faut noter que dans la phase finale de la controverse, avant qu'aucune décision officielle du pape n'ait été exprimée, il fut chargé de rédiger le bref en tant que secrétaire des brefs.

Finalement, le cardinal Albani, fortement soutenu par les zelanti, bénéficie des voix de tous les cardinaux, convaincus qu'il saurait défendre l'indépendance de l'Église de l'influence des puissances et poursuivre efficacement, sur le plan intérieur, la lutte contre le népotisme de son prédécesseur. Le 13 novembre 1700, il est consacré évêque le 30 et couronné le 8 décembre. (…)

Clément XI, au cours de son activité énergique sur la scène politique et diplomatique européenne, s'intéresse de plus en plus à des questions étroitement liées à la religion et à la doctrine. Il intervient dans la controverse du jansénisme, et les choses ne font qu'empirer : le 8 septembre 1713, la bulle Unigenitus donne lieu à une polémique qui divise le clergé français. Le quiétisme, défendu par Fénelon, et le jansénisme, promu par Quesnel, sont deux idées de nature très différente, mais qui ont beaucoup de points communs, notamment les procédures de la condamnation, l'intervention politique du roi et la campagne de signatures au sein des ecclésiastiques. La controverse autour de Fénelon a créé un précédent pour la controverse plus large du jansénisme, dans laquelle une décision à une question doctrinale en France a été recherchée auprès du Pape à Rome.

Les interventions de Clément XI dans les querelles du jansénisme ne font qu'aggraver la crise. (…)(La) tranche la bulle Vineam Domini (1705), un véritable assentiment intérieur est requis. Ainsi relancées, les controverses se font plus vives encore lorsque le pape condamne (1708) un ouvrage de l'ex-oratorien Pasquier Quesnel, qui, publié en 1671 et réédité en 1699, propage avec un succès croissant les idées de Jansénius, de Saint-Cyran, d'Antoine Arnauld : le Nouveau Testament en français avec réflexion morale sur chaque verset. Cette prohibition globale de l'ouvrage paraît insuffisante aux adversaires du jansénisme, qui amènent le pape à promulguer un document plus explicite. Le 8 septembre 1713, la bulle Unigenitus censure cent une proposition extraite du livre de Quesnel. De nombreux opposants font alors appel au concile général, ou au pape mieux informé. Parmi ces appelants, il n'y a pas seulement des jansénistes, mais aussi des gallicans, des théologiens qui récusent un document trop marqué à leur gré par le système moliniste que les thomistes récusent. De nombreux incidents vont désormais troubler la vie religieuse française jusqu'au milieu du XVIIIe siècle.(…)

Orcibal, Jean(1968) Le Procès des "Maximes des saints" devant le Saint Office: Avec la relation des congrégations cardinalices rt les "observationes" inédites de Bossuet. Ed. di storia e letteratura, Roma

Levillain, Philippe et comité scientifique composé de Philippe Boutry, Olivier Guyotjeannin [et al.] (1994) Dictionnaire Historique de la papauté, Paris, Fayard, « Clément XI »

Universalis(CLÉMENT XI, GIANFRANCESCO ALBANI (1649-1721) pape (1700-1721)) https://www.universalis.fr/encyclopedie/gianfrancesco-clement-xi/ consulté 10/05/2023