Françoise d’Aubigné (Madame de Maintenon)
(1635-1719)
Jaquotot, Marie-Victoire (1822), Portrait de Françoise d'Aubigné, marquise de Maintenon (1636-1719) (Département des Arts graphiques) [Dessins] Musée de Louvre https://collections.louvre.fr/ark:/53355/cl020214537
Mme de Maintenon, sa position comme favorite, puis comme épouse de Louis XIV, qui lui a permis de jouer un rôle dans le cours des affaires religieuses. Celui-ci, il est vrai, a été fortement exagéré par ses ennemis. Ainsi on ne lui impute plus aujourd'hui aucune responsabilité dans la persécution des protestants et la révocation de l'édit de Nantes. Mais la fondation de Saint-Cyr, qui lui a été en partie inspirée par le mauvais souvenir qu'elle gardait de son éducation chez les ursulines, est importante en ce qu'elle vise à introduire un cadre pédagogique totalement nouveau, dans une visée elle-même très neuve du modèle de femme chrétienne. Que ces innovations aient été ensuite assez fortement gommées ne supprime pas la portée de cette expérience. Il semble aussi que l'épouse « secrète » du roi, qui assistait au conseil dans un coin, a pu peser sur le choix des évêques.
Le parcours spirituel de Mme de Maintenon s'apparente à celui de tant de femmes qui, au XVIIe siècle, sont passées, par une conversion, de la vie mondaine à la dévotion. Mais la première n'en fut pas moins quasi-reine, alors que la plupart des autres allaient s'enfermer dans un cloître, comme Louise de La Vallière, ou du moins dans une retraite pénitente(…)
Mme de Maintenon, elle est d'abord d'autant mieux disposée à la défendre qu'elle ait des prétentions analogues, mais elle l'abandonne quand elle voit en elle une rivale. C'est Mme de Maintenon qui, impressionnée par les idées de Mme Guyon, l'invite à Saint-Cyr, mais elle devient trop influente dans le couvent, la fondatrice prie en Mars 1693 Mme Guyon de cesser ses visites à Saint-Cyr.
Quant à la relation avec Fénelon, selon Jean Orcibal, cette rencontre a eu lieu tardivement, probablement peu de temps avant le 29 août 1689, lorsque Fénelon prête serment entre les mains de Louis XIV en tant que précepteur du petit-fils du roi, le duc de Bourgogne. Dès leur première rencontre Mme de Maintenon doit avoir été charmée par Fénelon, car à partir de l’automne 1689, elle le rencontre tous les dimanches pour le dîner soit chez Mme la duchesse de Chevreuse, soit chez Mme la duchesse de Beauvillier.
Un sentiment de crise face à l'influence de Mme Guyon à St-Cyr et une frustration à l'égard de Fénelon, qui continuait à la défendre de manière irréprochable, l'ont poussée vers la répression. En 1693, Mme Maintenon ordonne à Bossuet d'intervenir à l'affaire de sa condamnation.
Bots, Hans. “Les rapports complexes de Mme de Maintenon avec Fénelon à travers leur correspondance au cours des années 1689-1697”. Mongenot, Christine, et Marie-Emmanuelle Plagnol-Diéval. Madame de Maintenon : Une femme de lettres ? Rennes : Presses universitaires de Rennes, 2012. (pp. 111-126) Web. <http://books.openedition.org/pur/56678>.
Mayeur, Jean-Marie, et al. Histoire du christianisme des origines à nos jours Tome IX L'âge de raison (1620/30-1750). Desclée, Paris, 1997. P.308-309
