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Collège de la Sorbonne

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Titre
Collège de la Sorbonne
Type
Établissement
Mots clés
Collège de Navarre
Description
Dès le XVIe siècle l'usage s'était imposé de prendre la partie pour le tout et de désigner communément le corps de la faculté de théologie de Paris par le nom d'un seul collège, celui de la Sorbonne. Les autres familles constitutives de la faculté, celle des navarristes, fiers de leur fondation royale, de leur société et de leurs chaires, celle des ubiquistes, dispersés mais nombreux, celle des réguliers des ordres monastique, canoniaux et mendiants, ne cessaient de protester contre une assimilation abusive mais légitimée par la position prééminente de la Sorbonne.
L'antique fondation créée en 1251 par Robert de Sorbon pour les pauvres maitres, approuvées dès 1258 par la papauté, avait traversé les siècles en conservant à peine altérés ses statuts, ses coutumes et son esprit. (…)
À sa prospérité interne et à la renommée de son savoir, la Sorbonne ajoute la considération que lui vaut sa place dans la vie de la faculté de théologie. Pas plus que l'université elle-même, celle-ci ne dispose d'une véritable organisation matérielle, locaux d'administration et d'enseignement. C'est à la Sorbonne que sont attachées plus de la moitié des chaires professorales, de fondation royale ou privée, six puis sept, le collège en choisit les titulaires, qui font partie de la société, et les cours sont données dans ses écoles extérieures pour l'ensemble des étudiants de la faculté.
(…) C'est encore dans son aula major que se déroulent les réunions officielles de la faculté, celles de prima mensis et les séances extraordinaires provoquées par la discussion, souvent très animée, des problèmes soulevés par les controverses doctrinales et par la politique ecclésiastique. De la censure d'Arnauld en 1656 à l'acceptation de la bulle Unigenitus en 1714 et à l'appel au concile général de cette bulle en 1717, sans oublier la condamnation des rites et termes chinois en 1700, la grand-salle de la Sorbonne a entendu plus d'un débat entre adversaires également rompus aux joutes scolastiques. Jamais il n'y eut uniformité de vues dans le corps de docteurs, comme l'écrivait Bossuet en 1697 : « En ce siècle, notre mère la faculté a toujours été Rebecca, elle porte en son sein la guerre et le choc de deux partis, richérisme et duvalisme, jansénisme et molinisme, quiétisme et scolastique ». (…)
Références
Bluche, François [et al.] (2005) Dictionnaire du Grand Siècle. Nouvelle édition revue et Corrigée, Paris, Fayard (dir. Bluche, François), p.1459 « Collège de la Sorbonne » par Neveu, Bruno
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