1682-1684 La sortie des Les Torrents spirituelsLa fin de l'année 1682Madame Guyon écrit Les Torrents spirituels. 1684L'ouvrage de madame Guyon, Moyen court et très facile pour l’oraison paraît anonymement à Grenoble. |
![]() Moyen court et très facile pour l’oraison de madame Guyon(source gallica.bnf.fr. bibliothèque national de france) |
1686
Madame de Maintenon a convaincu Louis XIV de créer la Maison royale de Saint-Louis à Saint-Cyr, pensionnat chargé de l'éducation des jeunes filles nobles et désargentées. |
![]() Maison royale de Saint-Louis à Saint-Cyr (Rijksmuseum) |
1687Madame Guyon publie le Cantique des cantiques de Salomon. 5 octobre 1687Le directeur de conscience de madame Guyon et son ami, le père La Combe est arrêté. Fortement influencé par les idées de Miguel de Molinos, l'un des fondateurs du quiétisme, il est soupçonné d'être un hérétique. 20 novembre 1687Caelestis Pastor, la constitution apostolique d'Innocent XI condamne 68 propositions de Miguel de Molinos comme hérétiques. |
![]() Cantique des cantiques de Salomon(source gallica.bnf.fr. bibliothèque national de france)
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François Harlay de Champvallon, l'archevêque de Paris, se plaint de l'influence croissante de Madame Guyon. Madame Guyon est enfermée chez les visitandines de la rue Saint-Antoine. Elle est dénoncé d'avoir écrit « un livre dangereux » (Moyen court et très facile pour l’oraison)
13 septembre 1688Madame de Maintenon compatit à la situation de Madame Guyon et intercède en sa faveur auprès de Louis XIV. Une lettre de cachet la libère.
1688-16894 octobre 1688Au château de Beynes, propriété de la duchesse de Béthune-Charost, madame Guyon rencontre Fénelon. Il lui donne des conseils et des corrections pour concilier son mysticisme avec l'orthodoxie catholique. Après cette rencontre, il est « entièrement et définitivement conquis ». 16 août 1689Louis XIV nomme Fénelon précepteur de son petit-fils, le duc de Bourgogne. | ![]() Fénelon et le Duc de Bourgogne par Alphonse de Neuville (1835-1885)
(project Gutenberg) |
Paul Godet des Marais juge dangereux le mysticisme de madame Guyon, et madame de Maintenon chasse madame Guyon de
Saint-Cyr.
(Madame de Maintenon, jalousie et méfiance croissantes à l'égard de Madame Guyon ?)
Fénelon pousse madame Guyon à demander à Bossuet, l'homme le plus influent de l'épiscopat français, d'examiner ses écrits.
1693Le duc de Chevreuse ménage une entrevue entre Bossuet et madame Guyon, chez elle. Bossuet se montre bienveillant, mais insensible à l'émoi spirituel de son interlocutrice. Il emporte le manuscrit des deux premières parties de son autobiographie, La Vie écrite par elle-même. Plus tard, il confie à Chevreuse qu'il y a trouvé « une onction qu'il ne trouvait point ailleurs », qu'il l'a lue trois jours durant « sans perdre la présence de Dieu ». Après quelques mois d'examen, Bossuet juge madame Guyon « plus extravagante que coupable ». |
![]() La vie de Madame J.M.B. de La Mothe-Guyon(1791)
(source gallica.bnf.fr. bibliothèque national de france) |
Au début de l'année 1694, madame Guyon voit un changement de l'attitude de Bossuet, après une autre entrevue avec lui. En s'entretenant avec Bossuet, Fénelon plaide pour madame Guyon. En juin 1694, Harlay, l'archevêque de Paris, demande à madame de Maintenon un examen des écrits de madame Guyon par des personnes pieuses et savantes.
Fin juillet 1694À Issy, les premières « conférences d'Issy » s'est tenu au séminaire Saint-Sulpice. Des discussions sur le quiétisme ont eu lieu réunissant Bossuet, Louis-Antoine de Noailles, évêque de Châlons, et Louis Tronson, supérieur général de la Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice.
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10 mars 1695
À Issy, Bossuet, Noailles et Tronson condamnent 34 propositions quiétistes. Elle se termine sur une condamnation sévère du quiétisme. Elle affirme « les obligations du christianisme positif, tout en admettant, à la demande de Fénelon, les principes essentiels de la perfection mystique, atteinte exceptionnellement par quelques grands saints». (Lagarde et Michard, p. 424.) 2 juillet 1695Madame Guyon signe une adhésion à la censure de ses livres, sans aveu d'hérésie. Bossuet lui fournit une attestation d'orthodoxie. Il lui demande de se faire discrète, d'éviter Paris. |
![]() Signature des articles de la conférence d'Issy tenue en 1697 entre Jacques Benigne Bossuet, Louis-Antoine Noailles, François Fenelon. French School
(©Château de Maintenon) |
Fénelon est sacré archevêque de Cambrai à Saint-Cyr, par Bossuet. Il est écarté de l'éducation du prince et, par la suite, disgracié par le roi. Il est alors surnommé « le Cygne de Cambrai ».
6 août 1695Harlay, l'archevêque de Paris, meurt. À l'insu des jésuites, madame de Maintenon nomme Louis-Antoine de Noailles comme son successeur. Il représente un ecclésiastique hostile aux Jésuites.
27 décembre 1695Madame Guyon est arrêtée et emprisonnée à Vincennes.
1697Mars 1697Fénelon fait paraître l'Explication des maximes des saints, « ouvrage tout empreint de mysticisme quiétiste ». Il y établit que « c'est la doctrine même des saints que monsieur de Meaux attaque », en attaquant madame Guyon. 25 mars 1697Le Père de la Rue, Jésuite, qui prêchait le carême devant le Roi, parle fortement contre le quiétisme, la doctrine des nouveaux mystiques. Tous les Jésuite qui prêchent dans les églises de Paris en avaient fait autant. |
![]() Explication des maximes des saints sur la vie intérieure(1697)
(source gallica.bnf.fr. bibliothèque national de france) |
Fénelon demande à Louis XIV l'autorisation d'aller défendre son livre devant le pape. Le roi refuse.
26 juillet 1697Louis XIV écrit au pape Innocent XII pour lui demander de décider sur la doctrine de l'Explication des maximes des saints de Fénelon. L'affaire est vraiment engagée par cette lettre qui priait Innocent XII de se prononcer le plus tôt qu'il se pourra et l'assurait qu'il emploierait toute son autorité pour faire exécuter ses décisions.
1 août 1697Fénelon reçoit l'ordre de se retirer dans son diocèse, à Cambrai. Il quitte Paris.
Les trente-huit propositions examinées sont envoyées à Fénelon par Chantérac. L'abbé Bossuet note combien Chantérac fut surpris par la décision - parce qu'il connaissait par l'entremise sécrète d'un ami fidèle les démarches faites auprès du Pape (avec un succès certain, mais éphémère)
Octobre-novembre? 1698
Il était d'usage d'interrompre les congrégations pendant les mois d'octobre, que le Sacré Collège passait à la campagne, et les premiers jours de novembre étaient occupés par des cérémonies liturgiques. 12 novembre 1698
Le mercredi (jour de leur réunion hebdomadaire) 12 novembre, les cardinaux du Saint-Office arrêtent la procédure qu'ils suivent: on réduit oralement (Bouillon avait proposé le contraire) et laisse son vœu par écrit. Le 13 novembre 1698, Innocent XII approuve ce programme. Il est résolu que la congrégation se réunit à ce sujet chaque lundi à la Minerve et chaque jeudi devant le Pape.
À partir de la fin 1698Télémaque commence à circuler à la cour sous forme de copies. C'était une critique à peine voilée contre la manière autoritaire du gouvernement de Louis XIV, contre sa politique étrangère agressive et belliqueuse et contre sa politique économique mercantiliste, orientée vers l'exportation. Fénelon ne voulait pas que cet ouvrage soit publié, mais il a été diffusé sans autorisation par un domestique infidèle. Louis XIV y voit une satire de son règne, ose arrêter l'impression et disgracie l'auteur. |
![]() Les Avantures de Télémaque fils d'Ulysse(1699) (source gallica.bnf.fr. bibliothèque national de france) |
La première congrégation17-24 novembre 1698La question de l'Amour Pur était la clé de toutes les autres et l'orientation donnée par les interventions des cardinaux les plus anciens et les plus influents. Les adversaires de Fénelon prennent un avantage qui s'avéra décisif. |
![]() Le palais du Saint-Office (Wikimedia commons) |
La congrégation suivante ne fait que renforcer cette impression. Le 24, le cardinal Panciatici déclare sans ambages toutes les propositions « erronées et conduisant facilement au quiétisme »
31 décembre 1698Louis XIV, écrit au cardinal de Bouillon: « Si le jugement était douteux, rien ne serait plus propre que de défendre la lecture du livre, puisque tous ceux qui le lisent un ne seraient pas capables de distinguer ce qui serait bon et ce qui serait mauvais ».
La congrégation est ouverte par le vote modéré et nuancé de Ferrari: il passé sous silence les VIe et XXIXe propositions et, s'il reconnait que la XVIIe était au moins pernicieuse en pratique et que la XXVIIIe favorise la VIe de Molinos. Il déclare résolument que la XXXe, jugée hérétique par Marescotti, ne méritait de censure, ni en elle-même, ni en considération du contexte.
Bien qu'il ait su que les cardinaux, qui n’étaient pas les plus favorables à Fénelon, avaient parlé longtemps le 12 janvier pour montrer qu'ils entendaient la matière et pouvaient résoudre les objections. L'abbé Bossuet se figure le 15 que l'examen du chapitre V (sur la distinction des vertus) était déjà « bien avancé ».
On traite du VIe chapitre, formé des propositions XVIII à XXI relatives aux actes réfléchis. Elles devraient faire l'objet de discussions d'autant plus vives qu'elles fournissaient la meilleure occasion d'introduire dans le décret la note d'hérétique, puisque la XIXe admettait un trouble involontaire en Jésus-Christ…
La sixième congrégation4-13 février 1699Noris traite les XXIIe, XXIIIe et XXVIIe propositions de fausses et d'erronées (la XXVIIe était en outre injurieuse au Christ)….À la fin de cette séance, Bouillon reprit encore la parole pour conjurer ses confrères d'épargner la personne de Fénelon et de distinguer dans les propositions le mauvais sens et le bon qui était celui de sainte Thérèse et de saint François de Sales. Casanate semble avoir craint le succès de cette tactique, puisqu'il dit le même jour aux agents de Bossuet que c'était « tempus tenebrarum » et que quelques cardinaux intimidés par Bouillon biaisaient. « Les Cambrésiens étaient en petit nombre parmi les cardinaux » |
![]() L'Extase de sainte Thérèse, par Gian Lorenzo Bernini. Église de Santa Maria della Vittoria, Rome (Wikimedia commons) |
Les adversaires (de Fénelon) se flattaient que la condamnation des propositions était déjà dressée. Cependant, un ami lui laissait l'espoir que le Pape se contenterait de faire corriger son livre.
15 février 1699Une mystérieuse retraite de huit jours au Gésu, sans doute pour y travailler à préparer un bref par lequel Innocent XII exhorterait Fénelon à mieux expliquer sa doctrine. Son livre est en attendant condamné dans la forme courante; le cardinal Albani aurait été dans le complot.
Rédaction du bref: Bouillon a été convoqué, pas Casanate. Le secrétaire des brefs, Albani, adjoignant les deux cardinaux Noris et Ferrari. Aussitôt prévenus, les intéressés se mettent au travail dès l'après-midi.
25 février 1699Seulement le mercredi, l'abbé Bossuet s'est déchaîné: «Il ne dormit pas pendant quatre jours, ni le P.Roslet non plus»…
Le pape Innocent XII condamne, par le Bref Cum alias, 23 propositions de l'Explication des maximes des saints de Fénelon. Il conclut l'affaire avec intrépidité en une demi-heure, malgré les interventions répétées de Bouillon.
20 juillet 1699Pour devancer les difficultés que pouvaient opposer les juristes gallicans, Louis XIV ordonne aux archevêques de réunir leurs suffragants en une assemblée extraordinaire à Tours.
1703-24 mars 1703Madame Guyon est libérée à 55 ans. Elle est assignée à résidence chez son fils Armand-Jacques, au château de Diziers. 1704Le pasteur Pierre Poiret(1646-1719) édite les œuvres complètes de madame Guyon. 12 avril 1704Bossuet décède à Paris, à l'âge de 76 ans. | ![]() Le Grand Monument de Bossuet, oeuvre d'Ernest Henri Dubois (1863-1930), placé dans la cathédrale de Meaux (Wikimedia commons) |
17157 janvier 1715Fénelon décède à Cambrai, à l'âge de 63 ans. Ses vertus sont réputées. De nombreux étrangers de renom se rendent à Cambrai pour le rencontrer. 9 juin 1717Madame Guyon décède à Blois, à l'âge de 69 ans. Elle est inhumée dans l'hospice des récollets. |
![]() Modèle du tombeau en marbre de Fénelon accompagné de ses 3 bas-reliefs pour la Cathédrale de Cambrai par David d'Angers, Musée David d'Angers (Wikimedia commons) |